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REVUE DE PSYCHIATRIE

Pratiques de la Raison Cynique

Magistrats, Avocats, « Experts », face à l’Enfance en Danger
samedi 6 juillet 2013.
 

« La tache de dire vrai est un travail infini : la respecter dans sa complexité est une obligation dont aucun pouvoir ne peut faire l’économie. Sauf à imposer le silence de la servitude ». Michel Foucault, Dits et Ecrits, 1984.

"L’homme moderne ... baigne dans le mensonge, respire le mensonge, est soumis au mensonge à tous les instants de sa vie. Quant à la qualité - nous voulons parler de la qualité intellectuelle - du mensonge moderne, elle a évolué en sens inverse de son volume. Cela se comprend, du reste. Le mensonge moderne - c’est là sa qualité distinctive - est fabriqué en masse et s’adresse à la masse. Or, toute production de masse, toute production - toute production intellectuelle surtout - destinée à la masse, est obligée d’abaisser ses standards. Aussi, si rien n’est plus raffiné que la technique de la propagande moderne, rien n’est plus grossier que le contenu de ses assertions, qui révèlent un mépris absolu et total de la vérité. Et même de la simple vraisemblance. Mépris qui n’est égalé que par celui - qu’il implique - des facultés mentales de ceux à qui elle s’adresse." A. Koyré, Réflexions sur le mensonge, 1943.

""Tu ne tueras point"...la parole de l’Autre". Le Décalogue et M-A. Ouaknin.

« Quand il y a deux personnes, s’il y en a un qui sait et un sur qui l’on sait, chaque fois que vous vous faites prendre dans un espace où il y a deux personnes et où il y a quelqu’un qui écoute et l’autre qui parle, surtout fuyez l’espace, vous êtes sûr que cela a rapport avec la police... ». T. Nathan, L’ethnopsychiatrie, CNRS Gallimard, 2007.

Justice à l’Origine : la Perversion - Xénophon.

Pas un jour, raconte la Chronique, sans qu’un enfant ne soit découvert congelé, décapité, enfermé et battu à mort ou à vie. Il est dit souvent que personne n’a rien vu. Que les « services sociaux » n’ont pas bronché ou bien regardé dans les coins. Quand ils bronchent - voir Outreau-, c’est assez pathétique.(1) La dame des services dits "sociaux", en étroite corrélation avec l’Institution judiciaire, ainsi investie du pouvoir de faire taire, explique qu’il ne fallait pas en rajouter à la mère pourtant suspectée de maltraitance, termes qui suppose la production dûment prouvée d’ecchymoses multiples ou au minimum leur équivalent... Sans traces physiques, la maltraitance n’est pas pour ainsi dire "traitée", mais laissée à l’appréciation confuse, aléatoire et arbitraire des uns et des autres, de leur bon sens toujours en retard de quelques trains par rapport à une réalité toujours au-delà de leurs petites projections fictionnelles les plus audacieuses. Tout au plus, selon le mot de D. Orange,psychanalyste intersubjectiviste, connaissent-ils même la situation, mais ils ne la comprennent pas...
La "psychologie" sur ce terrain singulier, reflue vers sa disparition ou son interprétation liée aux seules lubies de chacun : on ne prête attention qu’au corps, seul témoin fiable, éventuel. C’est tout dire. Les spécialistes es maltraitance signalent cette scotomisation, de la violence psychique, et son caractère systémique.

De son côté, selon la même Chronique ironique, « La » justice, -autrement dit le magistrat en charge du dossier-, attend sagement le meurtre confirmé pour se prononcer, et laisser compassionnelle, les regrets et les larmes à d’autres. De quoi alimenter le jeu politicien et les indignations orchestrées. Sans oublier certains psys sollicités à chaud, "experts" improvisés ou provisionnés par les médias, petits maîtres d’occasion, donnant vite leurs avis consensuels ou contradictoires rapidement ciselés au public et lâchant leurs réponses définitives et sans appel... Le lendemain ils seront de la même manière, sollicités, promotionnés, pour intervenir et faire part de leur éclairage sans égal sur des sujets aussi disparates qu’une émission de télé-réalité, le discours ou le style vestimentaire du Président de la République, le hooliganisme, ou les frasques de tel footballeur indélicat... Les nouveaux « experts » psy sont « experts » de la totalité du réel.(2)

"Très cher père, Tu m’as demandé récemment pourquoi je prétends avoir peur de toi. Comme d’habitude, je n’ai rien su te répondre, en partie justement à cause de la peur que tu m’inspires, en partie parce que la motivation de cette peur comporte trop de détails pour pouvoir être exposée oralement avec une certaine cohérence." (Franz Kakfa)(3)

Certains juristes en matière familiale, magistrats, avocats, dont la plupart n’ont aucune formation en psychologie, et à fortiori en psychologie ou sociologie de la famille (4) ...- formation qui ici plus qu’ailleurs ne garantit rien et n’immunise en rien de ses propres traits psychopathologiques - et cela vaut éminemment pour les psys.. -, confient leur capacités de conseil ou de jugement à leur bon sens, leur manque de temps, ou leurs "préjugés familialistes" selon le mot du pédopsychiatre-psychanalyste M. Berger (grand spécialiste des maltraitances infantiles)(5), et jouent de leur omnipotence pour alimenter à gré, démunis de la moindre empathie..., le déni. De plus, la contribution de certains avocats préposés aux manipulations propres à la théâtralité judiciaire, petits maîtres de l’art scénique/cynique, puisant leurs ressources dans leur propre perversité, en phase et syntone avec la procéduralité judiciaire, compromise jusqu’au trognon dans les tromperies rhétoriques sans limites - ainsi mise au service de leur clients (adultes), n’est pas en reste pour plonger les magistrats dans une confusion méthodiquement agencée et alimenter les mensonges de la sombre cause de certains adultes, "parents" de leur état. En quoi dans ces affaires, où maltraitance et perversion passent finalement volontiers inaperçues, et où la teneur des dossiers s’évalue au "mètre cube" (sic de bouche de magistrat emphatique, plus qu’empathique), il est loisible de supposer l’existence d’un "opercule" (6) de déni, juridique et institutionnel.

Il y a lieu davantage de s’interroger sur le fonctionnement banal de l’institution judiciaire, ressemblant trop souvent à ce que nous pourrions appeler un théâtre de perversité (7) bureaucratique, au sens où s’y retrouve en concentré, dans une unité psychodramatique de temps et de lieu spectaculaire, toute la panoplie symptomatique de ce que M. Hurni et G. Stoll, dans la lignée de P-Cl. Racamier, rattachent à la perversion de caractère, autrement dit de la bien nommée perversion narcissique (8) , ici diffractée sur la plupart de ses acteurs institutionnels, avocats en poupe : « La façon d’être perverse, qu’on pourrait aussi peut-être appeler, perversion de caractère avec ce discours tout de dissimulations, ses agissements opportunistes, ses manœuvres rusées, ses allégations paradoxales et décervelantes, voire paralysantes, sa mégalomanie séductrice, pourraient bien trouver, dans le registre sociopolitique, un terrain idéal à son déploiement, aux effets évidemment désastreux, surtout lorsqu’ils parviennent à se parer des plumes de l’idéologie ».(9)lle trouve en effet dans le champ judiciaire et dans sa routinière temporalité, un terrain extrêmement propice à son déploiement. L’idéologie dans ce cadre, fait corps en effet avec celle de l’Institution judiciaire, permettant, de son état moyen-âgeux et désastreux, que toutes ces manœuvres perverses, banalement vicieuses, et chargées de disqualifier performativement les justiciables, ne soient pas l’exception mais plutôt -la règle- de la mécanique procédurale, prise dans les manches et leurs effets, d’avocats et de magistrats, dont le rapport à l’éthique, se cantonne à celle de la « vérité judiciaire », c’est à dire, le plus souvent au constructivisme cynique de sa fabrication rhétorique et de facto, manipulatoire. Le vulgum étant pensé se contenter de ce pain et ces jeux (de langage) ...de misère.

L’affaire n’est pas nouvelle et même classée depuis lurette : Platon ou Xénophon, dans leurs "Apologie de Socrate", témoignaient déjà dans ces temps fondateurs de la pensée Occidentale, des errements structuraux de la justice immanente, et des malfaçons constitutionnelles de la production de tout forme de "vérité judicaire", cette fiction destinée rien de moins qu’à fabriquer du...réel, c’est-à-dire de la - contrainte. Platon, n’y va pas de main morte, soulignant déjà la "perversité" (10)l’injustice du monde judiciaire... Ce procès originel, témoigne aussi encore de la disjonction radicale des registres de la réalité et de la vérité, chacun ayant ses figures chargées de les faire valoir dans un univers antinomique. La réalité, phénoménale, manipulable, éphémère, plastique, contrôlée, articulée au Pouvoir et aux sophistes qui en sont le relais, et définie à leur guise, fabriquée-refabriquée pour le commun et ce que l’on suppose que ce dernier veuille bien entendre. L’enceinte des tribunaux est un de ses lieux électifs de fabrication. La vérité, nouménale, elle, objet-sujet des philosophes, lorgne vers l’originaire ou le télos, insondable, singulière...Elle siège dans l’intériorité de l’autre dont le commun et la paix sociale n’ont que faire.(11)

Pour le dramaturge David Mamet, qui raille la naïveté du justiciable en quête d’une adéquation entre la « réalité » phénoménale sociale, et sa vérité nouménale interne, les hommes en noirs n’ont très clairement pour visée que la fabrication d’une fiction la plus efficace... : " Les "faits concrets" d’une affaire n’existent pas. Il existe seulement deux fictions contradictoires, par lesquelles les équipes opposées vont tenter d’impressionner le jury. C’’est d’ailleurs (poursuit l’avocat), une de nos compétences pour lesquelles vous devrez nous payer " (12)Qui ment le plus, peut le plus.

La vérité à majuscule importe peu, il importe bien davantage d’être efficace : c’est la ligne toute stratégique du pervers selon Racamier. S’il est vrai que certains avocats dont l’éthique n’est pas à brader et rechignent à exploiter cette ligne axiale, d’autres fort nombreux, s’y accomplissent sans hésitation. Un enfant maltraité, pris dans ce jeu perversifié, où la factualité est vite supplantée par le double discours fictionnel des juristes et des psycholastes, est déjà joué, dans son propos, depuis longtemps. Ça se joue avant et en dehors de lui, sur la scène judiciaire. Parfois devant lui. En son absence postulée, argumentée. Si tant est qu’il ne tombe pas, de plus, par-delà les méandres procéduraux où les manipulations vont bon train, sur un omnipotent psychiquement hors d’usage ou à l’éthique ramenée au seul respect doublement borgne des codes de procédures et des petits textes : nulle « expertise » psy ne venant confirmer ou infirmer la santé mentale minimale ou l’éthique défaillante d’un candidat à la magistrature... (Nous nous retrouvons volontiers aves les critiques ciselées de l’ancien ministre de la Justice G. Kiejman parues dans la dernière livraison du magazine Causeur de juin 2013)...Ce qui est quelque part questionnant pour l’exercice d’une telle fonction...

...« Ils ne jouent pas du tout franc jeu, » commença Alice d’un ton de mécontentement, « et ils se querellent tous si fort, qu’on ne peut pas s’entendre parler ; et puis on dirait qu’ils n’ont aucune règle précise ; du moins, s’il y a des règles, personne ne les suit. Ensuite vous n’avez pas idée comme cela embrouille que tous les instruments du jeu soient vivants ».... (Lewis Caroll)

En effet, dans certaines juridictions où sévit une forme de « mal traitement » des justiciables (non uniquement liée aux fameux "manques de moyens" - argument commode et increvable pour assurer le défaussement de toutes responsabilités) par le biais de certains professionnels dont le manque d’éthique ou l’omnipotence narcissique génèrent nécessairement une forme de corruption aussi immédiate que spontanée... - genre de tribunaux où la réputation précède souvent avec raison leurs quelques acteurs (il vaut mieux éviter tel magistrat, ou tel expert...) - l’audition de l’enfant parvenu à l’âge de raison (fixé arbitrairement à 13 ans) peut bien évidemment vite virer à la mascarade et au simple sermon de l’enfant par le pouvoir juridique imbu de sa souveraineté : la mise au rebut autoritaire et suffisante de leur parole s’opère au bénéfice incongru d’une position dogmatique, privilégiant (sans appréhension aucune et fondée des enjeux en lice, et sauf complaisance, en pleine méconnaissance des stratégies de contournement et de manipulation perverse), les propos défensifs des parents, ou de l’un des parents, pourtant suspectés de - maltraitance, si ce n’est bien sur les conceptions idiosyncrasiques du magistrat, fondées sur l’arbitraire de sa seule subjectivité omnipotente.

Le pédopsychiatre J-Y Hayez est, du reste, sans ambiguïtés sur l’absence persistante et déconcertante d’écoute des enfants, - interprétés à tort et travers... sans sommation... : « Quant à la manière dont on traite l’enfant, c’est souvent pire aujourd’hui qu’hier : on prétend publiquement qu’on l’écoute mieux, en se référant à l’existence de techniques d’entretien contemporaines très au point... mais sur le fond, qu’en est-il ? On est loin de toujours prendre en considération sa parole, même si elle est mieux écoutée, formellement parlant, par une partie des interviewers qui ont fait des efforts de formation spécifique. Lorsque l’on n’a pour « preuve » que sa relation verbale des faits, pour peu que les agents de la maltraitance persistent à nier et soient bien défendus et protégés, ce que dit l’enfant n’a souvent pas plus de poids que la maison de paille des trois petits cochons face au souffle du loup ! »(13)

L’affaire est ici aussi, fort ancienne : « l’enfant devrait être vu, et pas entendu », confiait déjà explicitement parmi d’autres, sans manier l’équivoque, un médecin allemand inventeur de divers appareils de torture, que nous pouvons qualifier de schréberiens (Moritz Schreber , père de Daniel Paul (14)) pour faire taire ici non les enfants à proprement parler mais les malades mentaux, considérés sans répit pendant les derniers siècles comme des « enfants » et vice-versa... ; ainsi s’exprimait Johan H. Ferdinand von Autenrieth ( 1772 - 1835)(15) . Quoiqu’il en soit l’identification fréquente, inconsciente, et non médiée au discours et à la position parentale d’un côté, joue souvent contre l’enfant qui voudrait parler et témoigner de son vécu douloureux... "Tant que ce sont les enfants des autres !" raillent certains professionnels plutôt bienveillants et courroucés par des "écoutes" en trompe l’oeil... A la maltraitance familiale, et à la disqualification intramuros de la pensée et des sentiments de l’enfant, succède l’inanisation (16) judiciaire ou expertale de son discours, évalué au gré des caprices, des copinages expertaux, ou des positions « doctrinales » de chacun. Le magistrat en dépit de toute la jurisprudence, et des textes du législateur, fait aujourd’hui comme il l’entend, que l’enfant ait 3, 8, ou près de 18 ans.(17) Omnipotence de son côté, et potence éventuelle pour son petit autre, de l’autre...

Quoiqu’il en soit, dans ces lieux hybrides où il s’agit de faire tenir un simulacre, on présuppose, on préjuge, on prédit...On préjudicie, on cl/inique... Le bonheur est dans le pré, et les grandes misères dans l’à-peu- près...

Frank BELLAICHE
* Cet article est un court extrait d’un Essai à paraître en 2013.

NOTES :

1 - On estime en France actuellement, près de 500 enfants assassinés par an. Et vraisemblablement plus de 50000 enfants maltraités selon des critères officiels retenus ne considérant que la pointe émergée de l’iceberg des dysfonctionnements familiaux en tous genres, pourtant susceptibles d’avoir des effets péjoratifs drastiques sur le développement de l’enfant.

2 - H. G. Gadamer (1975, cité in R. Bernstein, The New Constellation, MIT Press, 1991) dans la lignée d’Aristote qui comparait volontiers les experts aux sophistes, écrivait de son côté : - " le problème dans notre société est que la demande des citoyens de modèles normatifs et susceptibles de les orienter investit l’expert d’une autorité démesurée. La société moderne charge ce dernier de fournir un substitut aux orientations morales et politiques du passé".

3 - F. Kafka, Lettre au Père, 1912.

4 - Citons le Juge aux Affaires Familiales L. Gebler (L’audition de l’enfant par le juge aux affaires familiales, Enfance et Psy 2007/3) : "il peut être utile de rappeler que le juge aux affaires familiales, à la différence de son homologue, le juge des enfants, n’est pas un juge spécialisé ayant bénéficié d’une formation spécifique obligatoire. Il est désigné par le président du tribunal parmi ses magistrats généralistes, volontaires ou non. Certes, il peut demander à bénéficier d’une formation continue sur des thématiques liées à sa fonction (techniques d’entretien, psychologie de l’enfant, sociologie familiale ou autre) mais ceci n’a rien d’obligatoire". Sans commentaires autre que celui qui s’impose à minima : cette situation qui ne gène apparemment pas grand monde, est comparable et non moins légitime à celle qui verrait un plombier propulsé un jour expert en "affaires familiales" (singularité qui ne saurait aller de soi) et un autre en technique des matériaux... De quoi frémir, et témoigner de la médiocrité singulière de l’état des lieux en la matière. Médiocrité, également soulignée par G. Kiejman, « Le problème des juges, c’est le narcissisme », Causeur n°3, 2013.

5 - M. Berger : « Nous sommes tellement focalisés sur la question du maintien du lien parents-enfants que nous ne prêtons pas vraiment attention à ce que l’enfant tente d’exprimer à sa manière, avec ses pensées embrouillées. Autre raison de notre surdité, ce matériel clinique est dérangeant institutionnellement et émotionnellement...  » M. Berger, Voulons nous des enfants barbares ? Dunod, 2008. Et aussi : L’échec de la protection de l’enfance, Dunod, 2004 ; Ces enfants qu’on sacrifie :... réponse à la loi réformant la protection de l’enfance, Dunod, 2007.

6 -P. C. Racamier, 1993 :
-  « opercule de clivage : Désigne de manière imagée l’activité de colmatage obligée d’un clivage intrapsychique, activement exercée du dehors et à son insu par un opérateur de défense extérieur qui aura été inconsciemment mobilisé par le clivant lorsque celui-ci se trouve incapable de clore sa propre faille. Par ellipse, l’opercule désigne également cet opérateur lui-même, qui s’avance pour compléter le travail laissé inachevé par le moi de l’autre  ».
-  « opercule de défense : Désigne l’agent ou le procédé mis en place au terme d’une chaine de processus défensifs, afin d’en accomplir toute l’étanchéité, à la façon dont un opercule assure l’étanchéité protectrice de la coquille d’un mollusque marin. La défense initiale, dont le terme est fermé par cet opercule, est de nature disséquante (déni, clivage)...  » ( Cortège conceptuel, Apsygée Editions).

7 - Pour l’ancien bâtonnier Ch. Charrière-Bournazel, « notre système judiciaire souffre de plusieurs faiblesses ou perversions ». L’auteur égrène trois « perversions » inhérentes au fonctionnement judiciaire et ô combien fréquentes : « La première s’observe quand un juge donne l’impression d’être moins soucieux de son service que de son pouvoir ; la deuxième, quand il fait prévaloir son propre système de valeurs sur l’ordre du droit, au prétexte que celui-ci serait moralement discutable à ses yeux ; la troisième , à chaque fois que la Justice est instrumentalisée par le pouvoir qui, faute de remédier au désordre des forces ou à l’injustice sociale, demande aux juges de pallier ses propres carences ». In, « Juger, pouvoir ou devoir ?  » Causeur, n° 3, juin 2013. Cet auteur, n’aborde naturellement, pas les « faiblesses ou perversions » propres au fonctionnement de la Justice, concernant cette fois, les modalités d’implication souvent loufoques et manipulatrices des avocats ... ne conduisant pas à sanction.

8 - Notion que nous ne considérons que pour la portée heuristique considérable qu’elle autorise de phénomènes « relationnels » passant inaperçus de la plupart des « cliniciens », autrement dit les analystes, sans parler des psychiatres à la clinique minute, qui ignorent totalement la phénoménologie de ce qu’elle tend à cerner de près.

9 - M. Hurni, G. Stoll, 2003 : «  La psychopathologie après la découverte de la perversion narcissique. Par exemple : Dora.  » Groupal 12.

10 - Platon, Apologie de Socrate, Hatier, 2009.

11 - Cela rejoint cette idée de D. Winnicott, selon laquelle, le noyau du vrai self "est toujours incommunicable, inaccessible aux autres". In S.Mitchell, Relational Concepts in Psychoanalysis, Harvard university Press,1988.

12 - D. Mamet, Race, 2009, L’avant-scène théâtre, mars 2012.

13 - J-Y Hayez, Respecter vraiment l’enfant - Critiques et propositions, Enfance et psys 2003,3.

14 - Cf en particulier W. G. Niederland, “Schreber, father and son”, in M. Kanzer, J. Glenn, 1980, Freud and his patients.

15 - Cité in T. Szasz 2007, Coercion as Cure, (ouvrage très incisif, qui constitue une sorte de « contre-histoire » de la psychiatrie, qu’il nomme ailleurs dans un récent ouvrage du même nom, « Science of lies »...). Mais cette clinique du regard insiste toujours aujourd’hui quand il s’agit d’enfant même doté de parole. L’expert voit d’abord, sur de son ça-voir, et écoute à lisière de son regard... Le magistrat n’a parfois que faire, du voir et de la voix, il a souverain, ses petites idées, quoiqu’il advienne. Faute bien souvent, de formation, d’éthique, et d’être à la hauteur requise par l’exercice d’une telle charge.

16 - P.C. Racamier, 1993 : « Inanisation : Procédé mental consistant à transformer une donnée factuelle ou psychique en objet d’inanité. Réduction d’une pensée, d’une perception ou d’une personne à l’inanité, c’est-à-dire, à la totale vacuité de sens. » Cortège conceptuel, Apsygée Editions.

17 - « Dès qu’on renonce à s’identifier à la victime, la question de la violence ne peut pas être traitée de manière cohérente, et de plus aucun dispositif adéquat de prise en charge des sujets violents ne peut être mis en place. Mais s’identifier à la victime est angoissant. Nous y résistons. Il y a en chacun de nous un mini-négationniste qui s’ignore lorsque la réalité a quelque chose d’intolérable [Nous soulignons] : penser à l’aspect traumatique massif que représente le fait d’être frappé pas plus fort que soi, et en cas d’agression sexuelle, de subir une violence dans son corps sans pouvoir l’empêcher, ni répondre, ni fuir est insupportable. Ceci explique le déni de l’acte violent qui a perduré si longtemps : les femmes violées étaient considérées comme des allumeuses , « elles l’avaient cherché », l’enfant objet d’abus sexuels était supposé jouer sa problématique oedipienne avec l’adulte agresseur. A cela s’ajoute la difficulté de s’identifier à la honte que ressent la victime. Il est aussi insupportable de penser qu’une personne peut être traumatisée à vie, de manière irréversible, et que son « temps psychique » s’est arrêté définitivement, fixé au moment traumatique... Or le plus souvent le discours politique, sociologique, et psychologique cherche d’abord à comprendre l’agresseur.. mais ce discours tend rapidement à innocenter l’agresseur, en énonçant des arguments qui auraient une valeur absolue en soi...  » M. Berger, Voulons-nous des enfants barbares ? Dunod, 2008.



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